Le pays de la Téranga avait disputé un match pour la troisième place lors de sa première participation en 1965 à l’occasion de la 5e édition, organisée en Tunisie.
Six pays avaient pris part à cette CAN : Tunisie, Sénégal, Éthiopie, Ghana, Côte d’Ivoire et République Démocratique du Congo. Les équipes étaient réparties en deux poules de trois équipes et les premières de chaque groupe s’affrontaient en finale et les deuxièmes devaient un match pour la troisième place
La Tunisie favorisée par la CAF
Les Lions, après avoir survolés les éliminatoires (trois victoires dans la Zone 4), étaient eux logés dans la poule A et avaient comme adversaire le pays organisateur et les Éthiopiens, présents lors des quatre premières éditions. Pour son baptême du feu, le Sénégal, exempté de la 1ère journée, défiait la Tunisie, au stade Chedly-Zouiten de Tunis. Mais la partie s’était soldée sur un nul vierge. L’équipe nationale avait attendu son deuxième match pour signer sa première victoire en Coupe d’Afrique. Elle s’était imposée avec la manière en explosant l’Éthiopie (5-1) grâce aux doublés de Louis Babacar Camara et le génie Matar Niang, ainsi qu’une réalisation d’El Hadji Oumar Guèye. La Tunisie était désignée première grâce à un meilleur goal-différence, selon la CAF.
Pour la médaille de bronze, le Sénégal avait hérité de la Côte d’Ivoire, qui avait remporté le match pour la troisième place (0-1). Tenant du titre, le Ghana avait conservé son trophée en battant les Aigles de Carthage (3-2) après prolongation.
La « désolation » de Yatma Diop
Membre de cette première « génération africaine », Yatma Diop avait confié que le Sénégal méritait de passer devant la Tunisie : « Le règlement du football à l’époque, on divisait le nombre de buts marqués par celui de buts encaissés. C’est cela le goal-average. Comme Demba Thioye, l’a dit dans la poule du Sénégal. Le Sénégal a gagné contre l’Éthiopie par 5 à 1 et la Tunisie a battu les Éthiopiens par 4 à 0. Le Sénégal et la Tunisie ont fait match nul. Donc le Sénégal et la Tunisie sont à égalité. La CAF a dit 5 divisé par 1 égal à 5. Le Sénégal a + 5. La CAF a dit 4 divisé par 4 c’est l’infini. Si c’était aujourd’hui, on aurait parlé de goal-différence qui est une soustraction », lit-on Seneplus Sport.
Une première participation peine d’enseignements, car les Lions étaient qualifiés à l’édition suivante à Asmara en Ethiopie (1968). En raison de son parcours en 1965, le Sénégal faisait partie des équipes à craindre. Il avait confirmé son nouveau statut lors de la 1ère journée en tenant tête au double champion en titre, le Ghana (2-2). Mohamed Diongue et Yatma Diop avaient aux Lions d’accrocher le point du nul. La formation sénégalaise s’était offerte le Congo (2-1) en 2e journée. Yatma Diop avait ouvert le score et Yatma Diouck avait inscrit le but de la victoire. Cependant, le rêve des Sénégalais avait été brisé après une défaite cruelle contre la RD Congo (1-2) lors de l’ultime journée. Un revers qui élimina le Sénégal dès le premier tour.
« Dans mon esprit, je me considérais comme champion d’Afrique en 68 »
Désigné meilleur ailier gauche de cette CAN, alors qu’il est droitier, Yatma Diop avait livré son appréciation sur cette élimination : « Avec le recul, je pense qu’on possédait un beau groupe capable d’aller au bout de la compétition et qu’on était plus forts que les finalistes que nous avions dominés. Dans mon esprit, je me considérais comme champion d’Afrique, car on a largement dominé les deux finalistes. Il nous manquait certaine maturité tactique. On se permettait d’attaquer même en menant au score. Alors que la gestion du score et du temps fait partie de la science du football. Et que même, si on disposait d’un staff compétent autour de Lamine Diack, Joe Diop et Mawade Wade, on a beaucoup péché dans la maîtrise du match. Lors du premier match, on a mené par deux fois contre les Blacks Stars (Ghana), champions en titre, avant de se faire rejoindre en fin de partie (…) », avait déclaré la légende sur Enquête+.
Le Sénégal n’était pas parvenu à matérialiser ses deux premières participations, puisqu’il avait connu traversée du désert avant de fêter son retour en 1986 au Caire.
