Au Maroc, le Sénégal est condamné à déjouer les pronostics d’Opta, qui le place sur le podium derrière le pays hôte et l’Égypte. Pour assumer pleinement son rang de favori et décrocher sa deuxième étoile continentale, l’équipe nationale doit se montrer infaillible dans tous les compartiments du jeu. À quelques jours de son entrée en lice, la certitude plane dans les cages. La charnière, les couloirs ainsi que le milieu de terrain dégagent de la sérénité. Les ailiers en l’occurrence Sadio Mané ou Ismaila Sarr se montrent rassurants. Cependant, tout n’est pas rose dans la Tanière. En effet, sa pointe de l’attaque, comme depuis toujours, n’inspire totalement la confiance.
Pourtant, le sélectionneur Pape Thiaw a fait appel à quatre avant-centres (Nicolas Jackson, Boulaye Dia, Habib Diallo, Cherif Ndiaye) pour prendre part à la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Depuis le début de la saison, ces joueurs traversent une dynamique mitigée voire compliquée avec leurs clubs respectifs. En témoigne leur ratio assez faible après cinq mois de compétition.
Nicolas Jackson, un titulaire discutable
L’attaquant de 24 ans sera le titulaire de Pape Thiaw lors de cette CAN. Il a « confirmé » sa place dans le onze grâce à ses récentes prestations avec les Lions. Sur ses cinq dernières rencontres, Jackson a trouvé quatre fois le chemin des filets, dont un doublé, et délivré une passe décisive. Présent dans la Tanière depuis 2022, le natif de Banjul compte cinq réalisations 26 matchs, un ratio faible pour un joueur proclamé comme le choix numéro 1
Son entame de saison avec le Bayern Munich laisse à désirer. Barré par l’indispensable Harry Kane, le buteur sénégalais peine à planer dans l’élite allemande. Nico a été utilisé douze fois en championnat pour cinq titularisations et 408 minutes de jeu. Sur le plan comptable, l’ancien de Chelsea n’a scoré que trois fois en Bundesliga. En Ligue des champions, Nicolas Jackson n’a inscrit que deux buts en cinq sorties, pour un total de cinq pions en dix-huit rencontres toutes compétitions confondues.
Boulaye Dia s’est perdu à Rome
Sa convocation est aussi prévisible que douteuse. Car il bénéficie de la confiance du sélectionneur, mais il traverse une période très compliquée avec Lazio Rome. Boulaye n’a maqué qu’un petit en treize matchs de Serie A, c’était lors de la 2e journée en août. Le joueur de 29 ans reste dans ses standards de la saison écoulée où il avait planté seulement neuf en championnat.
Sa situation en équipe nationale est également difficile, puisqu’il n’a plus marqué octobre 2024. Lundi, il s’est exprimé sur son début de saison : « c’est un début de saison assez mitigé. Un attaquant se doit toujours de marquer et a toujours la volonté de marquer. Mais je n’ai pas été en réussite. C’est une période que chaque attaquant a connait durant sa carrière ou dans une saison. Pour ma part, ce n’est pas inquiétant. Je me remets au boulot et continuer à travailler pour retrouver le chemin des filets. Présence incertaine pour cette CAN ? Je ne sais pas. Je suis content d’être là pour ma deuxième CAN, parce que j’ai raté la dernière à cause d’une blessure. On va se donner à fond », a soutenu l’avant-centre en conférence de presse.
Habib Diallo toujours pas à son meilleur niveau
Après deux saisons compliquées en Arabie saoudite, Habib Diallo a signé retour en France cet été pour retrouver ses sensations. Mais, l’attaquant de 30 piges n’est pas encore à son meilleur niveau. Sous les couleurs de Metz, l’enfant de Thiès ne compte que trois réalisations en onze apparitions en Ligue 1.
En équipe nationale, il reste sur un but lors de sa dernière apparitions la Mauritanie en octobre dernier. Toutefois, Diallo est bien parti pour être le concurrent numéro 1 de Jackson sur le front de l’attaque. Une hiérarchie qui a fait réagir Boulaye Dia face à la presse : « C’est le coach qui décide pour ça. Il y aura toujours un choix numéro 1, 2, 3, 4. On l’accepte. Le plus important est que la concurrence soit saine et que tous les attaquants se tirent vers le haut pour que celui qui joue soit dans les meilleures conditions. C’est le coach qui fait ses choix. À titre personnel, ce n’est pas inquiétant. En tant que joueur professionnel, on doit s’adapter à cette situation et démontrer ce que l’on vaut à l’entraînement. Après, c’est le coach qui fait ses choix ».
Cherif Ndiaye, le dernier de la hiérarchie
Il devrait être le choix numéro 4 dans la hiérarchisation des attaquants. Pourtant, Cherif Ndiaye avait affolé les compteurs la saison écoulée avec l’Étoile Rouge de Belgrade. Alors qu’il était annoncé dans les cinq grands championnats, le Médinois a pris la direction de la Turquie en s’engageant avec le Samsunspor. En dix journées de championnat, Ndiaye a scoré à quatre reprises.
Souvent laissé sur le banc en équipe nationale, le joueur de 29 ans est parvenu à trouver deux fois le chemin des fils lors de ses trois dernières rencontres en 63 minutes de jeu.
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